Fanîda فنيدة est bonbon en darija, comme dans la photo en haut.
Pour la photo ci dessus, il s’agit de lgôma لڭومة. Ca vient de “gomme”, et on l’appelle comme ça parce que c’est un peu élastique et collant, et ça ressemble de près/loin à une gomme.
En demandant à môl l7ânôt مول لحانوت (l’épicier) lgôma لڭومة il pourrait vous passer une vraie gomme. Alors il faut se faire clair: lgôma dyâl lfanîd لڭومة ديال لفنيد.
Le meilleur équivalent pour fanîd فنيد ou sucreries en général en arabe littéraire serait 7alwâ حلوى, même si ça peut signifier aussi gâteaux.
De fanîd فنيد est dérivé le mot fanîdî فنيدي, qui signifie: rose. Ce n’est pas que tous les bonbons sont roses, mais c’est comme ça en darija!
Exemples:
– Shrît Sâya fanîdiyya. شريت صاية فنيدية – J’ai acheté une jupe rose.
- Shrît jôj fanîdât – شريت جوج فنيدات – J’ai acheté deux bonbons.
Fanîdî فنيدي est wardî وردي en arabe littéraire. Les gens ont des fois tendance à dire lwrdî لوردي au lieu fanîdî فنيدي, ou même des fois „rose“ tout court!
Alors nous avons pour bonbon, fanîda فنيدة:
fanîda: féminin singulier indéfini
lfanîda: féminin singulier défini.
fanîd: masculin pluriel indéfini.
lfanîd: masculin pluriel défini.
Comme vous pouvez le constater, le féminin devient masculin au pluriel. Mais pour les féministes parmi vous, il est tout aussi correct d’utiliser les mots fanîdât et lfanîdât.
Et pour rose, fanîdî فنيدي:
fanîdiyya: féminin singulier indéfini
lfanîdiyya: féminin singulier défini.
fanîdiyyât: féminin pluriel indéfini.
lfanîdiyyât: féminin pluriel défini.
fanîdî: masculin singulier indéfini.
lfanîdî: masculin singulier défini.
fanîdiyyîn: masculin pluriel indéfini.
lfanîdiyyîn: masculin pluriel défini.
Vous vous rappelez de jaba7? Ce n’est pas si vieux que ça comme bonbon, mais il n’est plus sur le marché marocain. Il était enveloppé dans un papier jaune orange.
Et tofita? Ca se vend encore partout, et c’était un succès dans mon enfance.
Une fanîda coûte jôj d ryâl جوج د ريال (10 centimes).La moindre somme que l’on peut demander à ses parents c’est j’d’ryâl (on rend des mots courts encore plus courts) pour se gâter et s’acheter une fanîda, et après on fait la queue chez l’épicier pour avoir sa fanîda. C’est de l’argent qu’on paie là, DIX centimes quand même!
Bref, arrivons à l’histoire de tofita. On en achetait beaucoup au primaire, c’était à la mode, et tout neuf comme bonbon. Puis une grande super méga rumeur a été déclenchée: “Arrêtez de manger des tofitas les filles, sinons vous ne pourrez pas avoir des enfants au futur”. Toutes les filles ont paniqué, c’est leur futur en question… et elles s’en souciaient déjà au primaire d’être mamans ou pas! La plupart de mes amies, en plus de moi, avions arrêté d’acheter des tofitas. On regardait avec horreur et pitié celles qui continuaient à en avoir. Quelque temps après, la vérité a jaillit… C’était une sale gosse tofita-addict qui a inventé cette histoire pour priver tout le monde du plaisir du tofita, et l’avoir pour elle seule. Fin de l’histoire ^_^.
Il y avait un autre type de fanîd que j’achetais massivement. Lfanîd dyâl ryâl لفنيد ديال ريال, le bonbon à 5 centimes. Il était rond, non enveloppé, rose, trop dur et avec une noix à l’intérieur.
Une dernière chose à propos de fanîda, il est utilisé comme pseudonyme ou nom affectif/taquinant pour les filles qui s’appellent Farida.